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Maladie de Cushing

Faisons un point sur cette maladie, qui toucherait près de 80.000 chevaux en France et 30% des chevaux et poneys de plus de 15 ans. En 2016, seul 4% des sujets atteints recevaient un traitement contre cette maladie.

La cause

 

La maladie de Cushing a une cause hormonale. Soit la dégénérescence de l’hypothalamus, pouvant être lié à la présence d’une tumeur bénigne et qui provoque une chute de la production de dopamine induisant une hausse de production d’ACTH au niveau de l’hypophyse, soit par une tumeur située à l’hypophyse qui provoque également une hausse de production d’ACTH.

 

La dopamine est un neurotransmetteur, une molécule biochimique qui permet la communication au sein du système nerveux, et l'une de celles qui influent directement sur le comportement.

Cette chute de dopamine au niveau de l’hypothalamus va provoquer une suractivité du lobe antérieur de l’hypophyse (Pars intermedia Pituitaire) qui va sécréter en excès une autre hormone à savoir l’ACTH (Adréno Cortico Trophic Hormone).

 

Cette hormone ACTH va agir elle en stimulant la glande corticosurrénale, qui augmentera du coup la production de cortisol (de la famille des glucocorticoïdes qui ont une action anti-inflammatoire, analgésique, font baisser la fièvre et les défenses immunitaires).

 

Et pour finir le déroulé de la pathologie, si l’on augmente le taux des glucocorticoïdes (cortisol et cortisone), les effets sont :

- des troubles métaboliques (changement d’aspect physique, prise de poids, répartition anormale des graisses, ostéo-nécrose, hypertension artérielle,…)

- des troubles endocriniens (diabètes, chaleurs irrégulières, pilosité excessive,…)

- des troubles digestifs (ulcères gastrique par augmentation de l’acidité des sucs digestifs dans l’estomac, hémorragie digestive, entérite, pancréatite,…)

- des troubles psychiques (euphorie, excitation, dépression,…)

- aggravation des états infectieux.

- fourbure.

 

Si comme moi, au début de mes recherches, vous avez trouvé cette explication un peu rébarbative, voir incompréhensible, voici un petit schéma récapitulatif.

 

HYPOTHALAMUS

 

HYPOPHYSE

 

GLANDE CORTICOSURRENALE

Tumeur bénigne

Dégénérescence

=> Chute de production de dopamine

====>

Surproductivité de l’hypophyse (avec éventuelle tumeur)

=> Surproduction d’ACTH

====>

Stimulation de la glande corticosurrénale

=> Hausse du taux de cortisol (glucocorticoïde)

 

Voila, c’est plus simple comme cela.

 

Le constat et la validation

 

Vous avez constaté chez votre cheval une pousse constante des poils qui ne partent pas à la mue, des fourbures chroniques inexpliquées, une forte ou une absence de sudation, l’apparition de masses graisseuses à l’encolure, au dessus des yeux, au fourreau, des ulcères inexpliqués, une  certaine léthargie,…il est temps de valider votre impression première d’être en face d’un « Cushing ».

 

Pour valider si votre cheval a contracté la maladie de Cushing, il vous faudra faire réaliser un test de dépistage par une prise de sang :

- soit pour mesurer le niveau d’ACTH endogène (hormone andrenocorticotrophique) et de cortisol.

En fonction des résultats de ces deux analyses, il sera possible d’interpréter les résultats en suivant le tableau ci-dessous :

 

Maladie

Cortisol

ACTH

Maladie de Cushing

Elevée

Elevé

Tumeur surrénalienne

Elevée

Basse

Tumeur extra-hypophysaire

Elevée

Elevée

Insuffisance surrénalienne

Basse

Elevée

Insuffisance hypophysaire

Basse

Basse

Source : American Association for Clinical Chemistry

 

- soit par suppression de la dexamethosone (mesure la réponse du cortisol à l’aide d’une stimulation de la dexamethasone).

Cette deuxième solution est néanmoins risquée car elle peut déclencher ou aggraver une fourbure en cours.

 

Les solutions

 

Les résultats sont revenus positifs et nous avons vu plus haut les causes de la maladie, il convient donc de jouer sur celles-ci, à savoir :

Au niveau de l’Hypothalamus

- Régler le problème de la dégénérescence, voire de la tumeur bénigne.

- Eviter la chute de dopamine.

Au niveau de l’Hypophyse

- Régler le problème de la tumeur.

- Augmenter l’apport en dopamine, activer les récepteurs de la dopamine et/ou limiter la surproduction d’ACTH

Au niveau de la glande corticosurrénale

- Diminuer l’absorption d’ACTH et/ou limiter la production de cortisol.

 

A/ Les médicaments :

Pour ce faire, la solution médicamenteuse vétérinaire est de pallier au défaut de production en dopamine de l’hypothalamus par l’utilisation de molécules telles que les pergolide, cyproheptadine ou encore bromocriptine.  

Le médicament le plus utilisé est le bien connu « PRASCEND » (Pergolide dérivé des alcaloïdes de l’ergot de seigle) qui stimule les récepteurs à la dopamine de l’hypophyse. Malheureusement on sait que ce traitement est « à vie » et qu’il ne sera pas possible de l’arrêter.

 

B/ Les plantes :

Au niveau des solutions naturelles dans le cas de la maladie de Cushing, nous savons que les besoins du cheval sont des plantes ayant les propriétés suivantes : dopaminergique (qui augmente le taux de dopamine et active les récepteurs de celle-ci), régulateur hormonal, diurétique, draineur hépatique, fluidifiant sanguin et vasculoprotecteur.

 

a) Augmenter le taux de dopamine par l’alimentation

Pour augmenter le taux de dopamine, il convient de s’alimenter avec des aliments riches en tyrosine, en Vitamine E, en Vitamines B6 et en Antioxydants.

- La tyrosine permet de stimuler la production de dopamine au niveau de l’hypothalamus. La tyrosine étant un acide aminé, donc présent dans les protéines, vous en trouverez dans la Spiruline (P26 – SPIRULINE) et dans les Graines de Lin (P151 – GRAINE DE LIN POUDRE BIO).

- La Vitamine E, associée à la tyrosine sera bio-disponible dans l’Huile de Lin (C07 – HUILE DE LIN)

- La Vitamine B6 sera elle directement assimilable à partir de Levure de Bière (P42 - LEVURE DE BIERE).

- Les antioxydants étant présents dans les aliments riches en Vitamines C, les meilleurs de la catégorie sont les Baies de Goji (P142 - BAIE DE GOJI) et de Cynorrhodon (P158 – BAIE DE CYNORRHODON).

 

b) La régulation hormonale

Concernant la régulation hormonale, il convient d’être prudent car les effets peuvent être pires que le bien escompté. Avant toute prise d’un nutriment jouant sur les hormones, il convient de demander un avis vétérinaire pour éviter toute interaction avec un traitement en cours. Deux actions de régulation hormonale sont possibles mais ne sont pas conciliables (ne pas faire les deux en même temps) :

1- Action dopaminergique

La plante qui a nos faveurs est le Gattilier (fruit) (P159 – BAIE DE GATTILIER).

C’est une plante qui a des propriétés appelées dopaminergique à savoir qu’il reproduit l’action de la dopamine et agit sur l’hypophyse en stimulant les récepteurs sensibles à la dopamine (qui inhibe la sécrétion de prolactine) et donc limitera la production d’ACTH.

 

2- Action de feed-back négatif

La réduction de la synthèse de la prolactine est induite par la dopamine : en réponse à l’augmentation du taux de prolactine circulant, l’hypothalamus augmente sa sécrétion de dopamine qui agit en réduisant la synthèse, par l’hypophyse, de prolactine.
Ce type d’action est appelé feed-back négatif (ou rétrocontrôle négatif), et est un mécanisme physiologique observé à de nombreux niveaux dans l’organisme, et qui permet de réguler les sécrétions hormonales, dans le but de maintenir un taux stable de ces hormones et d’éviter les dérives.

En résumé, en augmentant le taux de prolactine, on envoi un message à l’hypothalamus pour qu’il produise plus de dopamine pour équilibrer le taux de prolactine.

Dans ce cas de figure, les plantes qui vous aideront seront le fenugrec (P50 - FENUGREC) et le fenouil (P160 – GRAINE DE FENOUIL)

Attention : en augmentant le taux de prolactine, cela peut induire une production de lait chez la jument, voir d’hypofertilité.

 

Si  votre cheval ou jument est déjà sous traitement hormonal (antidopaminergique ou dopaminergique), il conviendra obligatoirement d’avoir un avis vétérinaire.  Le gattilier est une plante dont le mécanisme d'action est bien caractérisé et qui a des propriétés proches de certains médicaments des troubles hormonaux. En conséquence, mieux vaut considérer cette plante avec la même prudence qu'un médicament : son usage devrait systématiquement s'accompagner d'un suivi vétérinaire.

c) La détoxination de l’organisme

Là, pas de risque de « jouer » avec les hormones et pour obtenir les propriétés souhaitées (diurétique, draineur hépatique, fluidifiant sanguin et vasculoprotecteur), nous vous conseillons vivement de réaliser une cure de :

P08 - FOURBURE - CUSHING - SME

Si cette cure est trop « légère » et qu’un fluidifiant sanguin supplémentaire est nécessaire, nous vous conseillons alors de compléter avec :

P117 - REINE DES PRES

 

Dans tout les cas, en cas de doute et/ou si votre cheval est actuellement sous traitement médicamenteux, n’hésitez pas à demander l’avis de votre vétérinaire.

 

Ensuite, comme le disait Hippocrate : « Primum non nocere » (D’abord ne pas nuire).

De ce fait, il convient de supprimer toutes préparations contenant du sucre, de la mélasse (même à un taux très faible) et de leurs dérivés et que vous pouvez retrouver dans les aliments et autres compléments alimentaires industriels, même dans ceux qui sont BIO. N’hésitez pas à vérifier les compositions des aliments que vous donnez à votre cheval.

Le morceau de « susucre » est bien évidemment à bannir.

Il convient aussi de ne pas donner à son cheval  des nutriments qui puissent accentuer la pathologie.

Dans le domaine des plantes, il convient donc d’éviter de lui donner du Cassis (cortisone-like), du Ginseng (action trop stimulante sur les cortico-surrénales), du Rhodiola (identique au Ginseng), du Maca (stimulant des surrénales), …. En effet, ces plantes agissent sur la glande corticosurrénale, augmentant ainsi le taux de cortisol.

 

Enfin, à l’heure actuelle, nous ne connaissons pas de traitements qui puissent guérir de la maladie de Cushing. Il est juste possible de ralentir son évolution et d’apporter un confort de vie à son cheval. Ceci passera aussi par la mise en place de règles hygiéniques comme par exemple :

- Tonte adéquate du sujet

- Alimentation de qualité à base de foin principalement

- Traitement régulier contre les parasites internes

- Vérification périodique de la dentition

-….

 

En résumé

 

Votre cheval a été diagnostiqué atteint de la maladie de Cusching.

La première des choses est de lui assurer un maximum de confort de vie.

Ensuite, il est possible de ralentir et/ou améliorer son état par un traitement médicamenteux vétérinaire que l’on peut associer à un traitement par les plantes en choisissant des dopaminergiques, des drainages appropriés et si nécessaire, après avis vétérinaire, des régulateurs hormonaux.

 

-> Toutes les préparations citées ci-dessus sont disponibles en suivant ce lien : "Préparation Cushing"

 

Sources des informations :

Département de Pharmacologie, Université de Montréal (novembre 2010),

« Vitex agnus castus extract in the treatment of luteal phase defects due to latent hyperprolactinemia » Arzneimittel-Forschung,). 

European Scientific Cooperative on Phytotherapy (Ed). Centre for Complementary Health Studies, Université d'Exeter, Grande-Bretagne (1996)

Faculté de médecine “Pierre & Marie Curie” – Université de la Sorbonne.

 « The role of dopamine in the pathophysiology of depression. », Arch Gen Psychiatry.

« Low-dose dopamine in patients with early renal dysfunction » Lancet, 2000

« The effects of tyrosine depletion in normal healthy volunteers: implications for unipolar depression. », Psychopharmacology

“The role of nutritional therapy in the treatment of equine Cushing’s syndrome and laminitis” Altern Med Rev